
Seul le dialogue avec la Russie permettra d'éviter la réédition des événements d'août 2008, a estimé lundi lors d'une conférence de presse à Tbilissi l'ex-présidente du parlement géorgien et leader du parti d'opposition Mouvement démocratique pour une Géorgie unie Nino Bourdjanadze.
"Vu que les autorités ne sont pas capables de dialoguer avec la Russie, nous, tous les Géorgiens, notamment les politiques, devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter la réédition des événements d'août 2008, dans lesquels la politique irresponsable de Mikhaïl Saakachvili a impliqué la Géorgie", a-t-elle déclaré, dressant le bilan de ses récentes visites à Moscou et Bruxelles.
Début mars Mme Bourdjanadze s'était rendue à Moscou où elle s'était entretenue avec les hauts responsables, dont le chef du gouvernement russe Vladimir Poutine. Cette visite a suscité de violentes critiques de la part des autorités géorgiennes ainsi que d'une partie de l'opposition.
"Aujourd'hui la Géorgie est pratiquement isolée sur le plan international: Moscou refuse ouvertement tout dialogue avec Tbilissi, le reste de la communauté mondiale fait de même, mais sans le déclarer", a ajouté Mme Bourdjanadze.
Les propos de l'ex-présidente du parlement géorgien font suite à la diffusion samedi soir par la chaîne télévisée géorgienne Imedi d'un faux reportage sur une invasion russe en Géorgie qui a semé la panique parmi la population géorgienne. Toutefois, la chaîne avait prévenu juste avant la diffusion du reportage qu'il s'agissait d'un scénario possible des événements "au cas où la société géorgienne ne serait pas unie et soudée face au projet russe". Toutefois, les Géorgiens qui n'avaient pas entendu cet avertissement ont cru qu'il s'agissait du début d'une nouvelle véritable guerre russo-géorgienne.
Elle a en outre estimé que la résolution des problèmes géorgiens n'était possible que par la voie pacifique et s'est dite prête à faire part de son expérience, de ses compétences, et à faire jouer ses liens internationaux pour sortir la Géorgie de la situation extrêmement pénible dans laquelle elle se trouve.
Nino Bourdjanadze a précisé qu'elle envisageait d'effectuer dans les plus brefs délais une visite aux Etats-Unis et dans une série de pays européens: "L'Europe est intéressée par le partenariat avec la Géorgie, mais tout rapprochement s'avère impossible si les autorités n'accomplissent pas leurs engagements contractés en matière d'application des valeurs démocratiques, de normalisation avec la Russie et ne mettent pas un terme à leur rhétorique militaire".
Au terme de la guerre d'août 2008, dite des Cinq jours, la Russie a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Affirmant avoir été "victime d'une agression russe", la Géorgie a rompu les relations diplomatiques avec Moscou et décrété les républiques "territoires occupés".