RIA Novosti

Revue de la presse russe du 12 mars

17:43 12/03/2010

La question russe a été posée à l'OTAN / Le roi de la Jordanie est arrivé à Moscou pour parler paix et armement / Impossible de réanimer l'économie ukrainienne sans l'aide financière de Moscou

Gazeta.Ru

La question russe a été posée à l'OTAN

 

L'idée, considérée tout récemment comme fantasque, d'admettre la Russie dans l'OTAN, est tout à coup devenue une mode en Occident, lit-on vendredi dans le quotidien Gazeta.Ru.

Cette recommandation peut être faite dans un rapport que le groupe des "sages", présidé par Madeleine Albright, va soumettre aux auteurs d'un nouveau concept stratégique de l'Alliance. Un groupe d'hommes politiques et de militaires allemands, dont font partie l'ex-ministre de la Défense, Volker Rühe et le général Klaus Naumann, ancien chef du Comité militaire de l'OTAN, a proposé ces jours-ci d'inviter Moscou à l'OTAN, ce qui est une bonne tactique.

D'une part, l'OTAN n'abandonne pas sa logique d'élargissement qui est à la base du développement de l'Alliance depuis 15 ans et conserve la fonction de principale, sinon unique, structure de sécurité en Europe. D'autre part, c'est une réponse à toutes aux accusations de la part de Moscou, selon lesquelles cette structure ne tient pas compte de ses intérêts et agit à son préjudice.

La première réaction, presque instinctive, à la proposition d'un débat sur l'adhésion de la Russie à l'OTAN est de penser que c'est tout simplement impossible. La Russie se considère comme un point névralgique indépendant dans un monde multipolaire, alors qu'au sein de l'OTAN, malgré l'égalité formelle des pays membres, les Etats-Unis ont un pouvoir dominateur. Le renoncement à la domination n'est possible que dans le cas d'un affaiblissement extrême de l'Amérique. Mais, dans ce cas, on peut prévoir plutôt une nouvelle version d'isolationnisme américain (l'abandon de l'Europe en raison du déplacement de l'intérêt pour la Chine et l'Asie-Pacifique) que la transformation des Etats-Unis en pays allié ordinaire. En ce qui concerne la Russie, Moscou n'admettrait la primauté des Etats-Unis que dans une situation d'un nouveau bouleversement fatal. Mais il est insensé d'en parler, car une situation foncièrement nouvelle apparaîtrait alors dans toute l'Eurasie.

Seul le facteur Chine est capable de modifier toute l'équation. L'alliance entre Moscou et Washington leur pourrait redonner, semble-t-il, de l'assurance face à la puissance croissante d'un pays qui a réussi, après la fin de la guerre froide, à tirer profit de tous les changements survenus dans l'arène internationale. Mais, pour l'Amérique, la Chine représente un problème global potentiel, une sorte de défi au leadership américain dans le monde et, pour la Russie, une menace de tomber sous la dépendance du voisin économiquement bien plus fort. C'est pourquoi, pour Washington, il est plus avantageux d'orienter Pékin vers l'expansion régionale visant la Russie. Moscou préfère, au contraire, que Pékin se concentre de plus en plus sur son ascension au lieu de consolider les territoires limitrophes.

L'Europe est dans une situation étrange: à quoi bon se préoccuper des démêlées entre les "grands" sujets géopolitiques au risque de perdre sa propre tranquillité?

Auteur: Fedor Loukianov, le rédacteur en chef de la revue Rossia v globalnoï politike (La Russie dans la politique globale).

 

RBC Daily

Le roi de la Jordanie est arrivé à Moscou pour parler paix et armement

 

Le roi de Jordanie Abdallah II, ami principal de la Russie et de Vladimir Poutine au Proche-Orient, s'est rendu à Moscou, c’était déjà pour la dixième fois, lit-on vendredi dans le quotidien RBC Daily.

Pour l’instant les chaleureuses relations avec le monarque arabe ne se transforment en grands projets économiques qu'assez lentement. Par contre la Jordanie joue un rôle important dans le processus de paix au Proche-Orient, et avant la rencontre ministérielle du Quartette à Moscou, il était utile pour les Russes d'écouter le roi.

Les experts font remarquer qu'Abdallah, ex-commandant de bataillon blindé, a une mentalité proche de celle de Poutine, une mentalité de silovik (représentant des organes de force: sécurité, armée, police). Par conséquent, le secteur militaro-technique est devenu la base de la coopération entre Moscou et Amman. Il y a quelques années la Russie avait accordé à la Jordanie un crédit de 390 millions de dollars, dans le cadre duquel Amman a acheté des missiles antichars Kornet, des missiles sol-air portables Igla et deux avions de transport Il-76. Moscou avait déjà proposé au roi d'augmenter le crédit, mais jusqu'à présent le monarque n’a pas donné de réponse précise.

«Bien qu'Abdallah soit un homme militaire et un ami proche de Poutine, il est assez difficile de compter sur l'élargissement du carnet de commandes, regrette Igor Korotchenko, membre du conseil public du ministère de la Défense. La Jordanie n'a pas l'argent nécessaire pour cela ».

Il s’agit en réalité plutôt de la coproduction des lance-grenades antichar, estime l'expert. On envisage déjà de construire en Jordanie une usine de production des RPG Hashim. Désormais Amman pense exporter cette arme vers d’autres pays du Proche-Orient. Les lance-grenades russes se sont fait une réputation pendant la guerre entre Israël et Hezbollah au Liban, dit Korotchenko.

Le nucléaire civil est considéré comme un autre secteur prometteur de la coopération entre Moscou et Amman. Cependant hier au Kremlin, cette question n'a même pas été soulevée, a dit à РBC Daily une source proche des négociations. Aux termes d’une entente intervenue auparavant, les parties ont convenu de coopérer en matière d’extraction de l'uranium en Jordanie. Mais selon le holding d'uranium russe ARMZ (filiale du groupe Rosatom), il n'y a pas de documents officiels sur la question, et «les propositions du côté jordanien seront examinées avec attention, quand elles se seront concrétisées».

Les questions politiques ont bien évidemment dominé  l’ordre du jour actuel. En prévision de la rencontre ministérielle du Quartette des médiateurs internationaux sur le Proche-Orient à Moscou, le 19 mars, il est nécessaire de confronter les positions avec Abdallah II, dit Goumer Isaëv, directeur du Centre du Proche-Orient à Saint-Pétersbourg. La Jordanie, qui joue un rôle de médiateur clé dans le règlement au Proche-Orient, s'est trouvée entraînée dans le conflit: après la guerre de 1967 un grand nombre des Palestiniens sont restés dans le pays, et leurs révoltes en « septembre noir » de 1970 ont été réprimées par l'armée, à présent, beaucoup de réfugiés ont des passeports jordaniens».

 

Kommersant

Impossible de réanimer l'économie ukrainienne sans l'aide financière de Moscou

 

La Rada suprême (parlement ukrainien) a approuvé la formation d'un nouveau gouvernement avec à sa tête Nikolaï Azarov, 62 ans, originaire de la ville russe de Kalouga, qui devra, comme on dit dans l'entourage du président Viktor Ianoukovitch, "corriger les erreurs commises par les dirigeants "oranges" à l'égard de la Russie, lit-on vendredi dans le quotidien Kommersant.

Les objectifs prioritaires déjà fixés par le nouveau cabinet consistent, entre autres, à obtenir la réduction substantielle du prix du gaz russe livré à l'Ukraine et à s'attirer des ressources financières considérables de la Russie sous forme d'un crédit avantageux ou d'investissements importants.

Des sources diplomatiques des deux pays ont fait savoir ce que Kiev attendait de Moscou. Ainsi, selon un fonctionnaire du ministère russe des Affaires étrangères, le sujet de l'aide financière a été abordé le 5 mars, lors de la visite du président Ianoukovitch à Moscou: "Personne ne nous a rien demandé directement. Mais les Ukrainiens ont laissé clairement entendre que leur économie avait besoin de ressources supplémentaires et que l'argent ne leur serait pas de trop. Nous sommes prêts à investir dans des projets concrets comme l'achèvement de la construction de la centrale nucléaire de Khmelnitski". Une source au ministère ukrainien des Affaires étrangères a déclaré que Kiev "se rendait parfaitement compte que le nouveau pouvoir devrait demander un crédit à Moscou". La somme est d'environ 3 milliards de dollars, a précisé le diplomate.

Les experts sont certains que les premiers ministres trouveront un langage commun. "Azarov est un partisan convaincu de l'adhésion de l'Ukraine à l'Espace économique unique (EEU) avec la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan. Assumant les fonctions de premier vice-premier ministre au gouvernement  Ianoukovitch en 2003-2004, il avait mené des négociations sur l'adhésion de l’Ukraine à l'EEU, a rappelé Vadim Karassev, directeur de l'Institut des stratégies globales. A présent, il est partisan de contacts étroits avec Moscou et de l'Union douanière appuyée par Poutine".

Konstantin Grichtchenko qui est impatient d'assumer ses fonctions de ministre ukrainien des Affaires étrangères a déjà élaboré un programme de réconciliation avec Moscou intitulé "Modernisation conservatrice". "Sa thèse principale est que l'Ukraine se concentre sur l'établissement des relations dans le triangle Moscou-Bruxelles-Washington, a expliqué une source au ministère ukrainien des Affaires étrangères. La priorité sera accordée à la Russie, mais l'objectif stratégique est de se rapprocher de l'UE et d'œuvrer en vue d'une adhésion".

Selon le diplomate, le nouveau pouvoir juge obligatoire d'établir le partenariat et d'améliorer les relations avec la Russie. "Nous sommes liés par la coopération dans des secteurs de haute technologie comme la construction d'avions, de missiles, et celle dans le cadre du complexe militaro-industriel. Il est impossible de développer tout cela sans la Russie, alors que l'UE attend de l'Ukraine, pour l'essentiel, la ferraille et les tournesols", a-t-il constaté.

 

Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.

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