
Vedomosti/ Nezavissimaïa gazeta
On entend mieux les voix des mécontents pendant les élections
La dernière campagne électorale dans les régions a montré qu’il vaudrait mieux pour le Kremlin revoir la nomination des gouverneurs, lit-on mardi dans les quotidiens Vedomosti et Nezavissimaïa gazeta.
La perte d’un certain nombre de voix par «le parti du pouvoir», par rapport à la campagne électorale de 2007 à la Douma (chambre basse du parlement russe), la perte de certaines villes importantes et la croissance des résultats de l'opposition légale ne peuvent pas uniquement s’expliquer par une mauvaise saison ou les difficultés économiques. Il est peu probable que la bureaucratie ait entendu l'appel du président à une compétition honnête. Une mauvaise publicité répandue contre les opposants à Russie Unie, différente des élections d'octobre 2009, en plus des mécanismes habituels d’évincement des concurrents de l'espace électoral, nous montre plutôt l’inverse.
Les résultats du vote, particulièrement en ce qui concerne les élections municipales, montrent que l’effet des techniques traditionnelles sur le public provincial s'affaiblit. De plus, une pression grossière sur fond d'aggravation de la situation économique commence à irriter les gens. Plusieurs d'entre eux sont prêts à voter pour n'importe quel candidat ou parti, qui montrera une attitude critique envers la politique du pouvoir ou qui relèvera les problèmes quotidiens tels que le chômage, la réparation de routes et de logement, l’état des services publics. Pour Russie Unie il sera de plus en plus difficile de gagner dans les régions avec ses grandes promesses et des portraits du tandem. Ses représentants perdent de plus en plus souvent, non seulement dans les « monovilles » (ville dont l’industrie est consacrée à une production unique) de l’Oural et de la Sibérie, mais aussi dans la région de Moscou.
Gleb Pavlovski, président de la Fondation pour une politique efficace, dans ses commentaires des bilans de la campagne électorale, remarque que c'étaient « de vraies élections, qui ont montré de vrais problèmes ». «Le Parti du pouvoir», indique l'expert, a soit oublié ses électeurs, soit les a fâché : «En général on peut constater l'apparition de nouvelles couches moyennes urbaines mécontentes, avec qui le parti ne travaille presque pas».
Ayant supprimé les élections des gouverneurs, Moscou s'est chargé de la responsabilité de la situation dans les régions. Les représentants du président qui constituent déjà plus de la moitié des gouverneurs des régions, se montrent souvent inefficaces dans la résolution des problèmes économiques et sociaux. N'ayant pas l'expérience nécessaire dans l’administration ni l’habitude de traiter avec un public mécontent, ils n'accomplissent pas les tâches qui leur ont été assignées. Si pour le Kremlin il est difficile de reconnaître ses erreurs professionnelles et de trouver des fonctionnaires capables de gérer les situations de crise, le retour à l’élection des gouverneurs serait une démarche logique, qui permettrait de redistribuer la responsabilité entre le centre, le gouverneur et son électorat.
RBC Daily/ Kommersant
Le Kremlin crée un nouveau parti de droite
Un nouveau club libéral a été créé dans le cadre du parti Russie unie qui proposera aux hommes d'affaires qui soutiennent les idées de droite de se réunir, lit-on mardi dans les quotidiens RBC Daily et Kommersant.
Selon une source à l'administration présidentielle, l'idée de créer un nouveau parti remplaçant la formation Cause juste provient de l'ancien chef de l'administration présidentielle Alexandre Volochine. Tatiana Diatchenko, la fille de Boris Eltsine pourrait représenter le nouveau parti.
Russie unie a maintenant quatre clubs, dont deux sont libéraux. Lorsque le club libéral du "4 novembre" était en voie de création, il était prévu d'en faire un nouveau parti de droite. "Cependant, cette idée a été abandonnée de peur que cela provoque la désintégration du parti Russie unie et son érosion", indique le vice-président du Centre des technologies politiques Alexeï Makarkine.
L'administration présidentielle se penche depuis quelques mois sur le plan d'un nouveau projet libéral qui, en cas de lancement réussi, pourrait devenir un parti dès cette année. Il remplacera Cause juste, car ce projet de parti n'a pas justifié les attentes et les ressources investies, bien que la société russe manifeste son intérêt pour les idées de droite.
La création d'un nouveau club dans le cadre de Russie unie est une tentative d'institutionnaliser l'idée libérale. Selon de l'administration, le parti reprendra l'idée du président de moderniser l'économie. D'après les renseignements du quotidien Kommersant, l'administration présidentielle estime que Dmitri Medvedev désigné à son poste actuel par le "parti du pouvoir" est bien plus libéral que la partie la plus libérale de Russie unie, c'est pourquoi elle veut synchroniser les processus. "Pourquoi la partie de Russie unie qui travaille dans l'espace électoral libéral ne suivrait-elle pas l'exemple du président?" a déclaré une source au sein de l'administration du Kremlin.
Une source du quotidien RBC Daily au Kremlin affirme que l'initiative appartient à Alexandre Volochine, l’ancien chef de l'administration de Boris Eltsine et de Vladimir Poutine. Parmi les personnages du nouveau parti, la source cite Tatiana Diatchenko, la fille du premier président. Dans son blog sur LiveJournal, elle se souvient de l'époque Eltsine et révèle aux bloggeurs les secrets du Kremlin.
Il n'est pas exclu que la proposition d'adhérer au nouveau projet de parti puisse être également faite aux représentants des grandes compagnies. Comme on l'a appris hier, le patron du groupe Onexim, Mikhaïl Prokhorov, a accepté de dépenser
45 millions de roubles (1,1 million d'euros) pour l'organisation de vacances de la jeunesse pro-Kremlin (le forum pro-Kremlin) organisées tous les ans sur le lac Seliguer dans la région de Tver par l'Agence fédérale aux affaires de la jeunesse Rosmolodej.
Vedomosti
Qui doit sauver l'Ukraine ?
Il est difficile d'envier le nouveau gouvernement de l'Ukraine qui ressemble à un club de suicidés politiques, vu le poids des problèmes économiques qui pèsent sur le pays et la nécessité de prendre des mesures impopulaires, lit-on dans le quotidien Vedomosti.
Le nouveau chef du ministère des Finances a reconnu que l'État se trouve au bord de la catastrophe financière, mais qu’il était dangereux de réduire les frais d’État et d’augmenter les impôts. Il est inutile de se réjouir de ce malheur parce que l'Ukraine va essayer de remettre une partie de ses problèmes sur nos épaules.
Kiev voit une issue dans la réduction des prix du gaz russe. On se demande, si l’on doit se sacrifier et si oui pourquoi. On ne voudrait pas qu’on nous propose de nouveau une solution du type «en temps de crise, les frères ne doivent pas penser au coût des produits énergétiques». Il est intéressant de savoir, quelle seront les réactions quand un des politiques russes proposera soudain de vendre la Crimée pour rembourser ses dettes (certains députés en Allemagne avaient conseillé à la Grèce de vendre ses îles). D’autant plus que le nouveau gouvernement ne renonce pas au processus d’intégration à l’Union européenne et ne s’apprête pas à se jeter dans les bras des Russes.
Il y a une deuxième question: comment peut-on aspirer à entrer dans l'Europe et ne pas harmoniser sa législation avec la législation européenne? Prenons encore l’exemple du gaz. Il y a longtemps que l’UE appelle l'Ukraine à libéraliser le marché intérieur. Malgré l'opinion répandue, c'est tout à fait avantageux pour nous. Pour le producteur de gaz, la libéralisation signifie un accès plus facile à l'infrastructure. Certainement, il sera obligé de concurrencer les autres producteurs. Mais ici on peut prendre le risque. Si on parvient à gagner cette lutte contre le GNL (gaz naturel liquide) du Qatar et le gaz de Nabucco? Il y a bien sûr d'autres adversaires: le premier ministre Ioulia Timochenko a appelé au remplacement du gaz par la paille, alors que Arseni Iatseniouk, le président de la Rada suprême (parlement ukrainien), a proposé de construire dans le pays 10-12 centrales nucléaires. Mais nous avons encore nos chances. Si on reçoit l'accès libre à l'infrastructure de transport du gaz, il sera inutile d'entrer dans le capital social d’un propriétaire de gazoducs dont la reconstruction de la partie linéaire, des stockages souterrains du gaz et des stations de compression nécessite au moins 2 milliards de dollars. On ne parle pas même de la dette de Naftogaz.
Il y a des questions encore plus sérieuses. Dans des pays autant désunis que l’Ukraine une modernisation économique peut-elle être un succès ? Elle ressemble déjà à la Belgique, où le problème de «deux en un» gêne beaucoup la résolution des problèmes économiques et administratifs actuels (bien qu’heureusement pour la Belgique ils ne sont pas si graves).
Probablement, la clé de l'unité de l'Ukraine réside dans le fait que la Russie et l’UE se rendent déjà compte que l’avenir de l'Ukraine est un problème commun.
Auteur: Constantin Simonov, directeur général du Fonds pour la sécurité énergétique nationale.
Gazeta.Ru/ Kommersant
Moscou n'a pas l'intention d'aider ses concurrents dans la course gazière
La Russie a officiellement rejeté hier la proposition européenne de réunir les deux gazoducs concurrents: Nabucco et South Stream, lit-on mardi dans les quotidiens Gazeta.Ru et Kommersant.
Cette réunification aurait permis d'économiser environ un tiers du coût des deux projets, mais Moscou aurait alors perdu le contrôle d'une partie de l'itinéraire, ce qui aurait pu aboutir à une nouvelle "guerre du gaz".
L'idée de réunir les projets de gazoducs pour réduire les frais a été proposée la semaine dernière par Paolo Scaroni, le président du groupe italien Eni, partenaire de Gazprom à South Stream et, en même temps, participant au projet de Nabucco. Moscou a répondu sans ambiguïtés. "Nous n'étudierons pas cette idée", a déclaré lundi le ministre russe de l'Energie Sergueï Chmatko.
La Russie salue la diversification des livraisons de gaz en Europe, mais le gazoduc South Stream est "plus compétitif", car tous les accords nécessaires à sa réalisation ont été conclus et une base nécessaire de ressources existe déjà pour l'alimenter, a ainsi justifié le ministre russe son refus de se réunir.
Effectivement, Nabucco n'a toujours pas de base de matières premières: ni l'Iran, ni le Turkménistan, ni les principaux fournisseurs potentiels de gaz, n'ont encore conclu d'accords sur Nabucco.
"La démarche d'Eni s'explique par la lutte qui se déroule au sein du projet de South Stream", estime Dmitri Abzalov du Centre de conjoncture politique. Les Italiens veulent avoir accès aussi bien aux compresseurs qu'à la distribution du gaz". Cependant, après l'adhésion du groupe français EDF au projet, les positions d'Eni ont été sérieusement ébranlées. Les Italiens voudraient ne partager leur part avec les Français qu'à parité avec Gazprom, par conséquent, la proposition de réunir partiellement les projets de gazoducs est une tentative d'Eni de faire pression sur Gazprom", suppose l'expert.
Cette réunion des itinéraires est certainement désavantageuse pour Gazprom qui perdrait le contrôle de la partie "commune" de l'itinéraire. Or, cela peut poser des problèmes de tarif et de quotas de pompage du gaz à l'instar de ceux auxquels le monopole gazier russe s'était déjà heurté avec l'Ukraine, prévient Dmitri Alexandrov, chef du service d'analyse du groupe Univer.
La réunion ne serait-ce que de la moitié des itinéraires des deux projets, par exemple, dans la partie européenne de la Turquie, est certainement avantageuse du point de vue économique. "La construction parallèle de deux itinéraires simplifierait le travail et permettrait d'économiser 25% à 33% du coût total des deux projets (4 à 5 milliards d'euros)", estime Dmitri Alexandrov.
D'ailleurs, il y a une raison expliquant le refus de la Russie de se réunir et cette raison surpasse l'avantage potentiel. Le projet lancé le premier sera probablement l'unique, car deux gazoducs d'une puissance semblable et livrant du gaz dans une même direction sont superflus.
Ces textes tirés de la presse russes n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.