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RIA Novosti

Zoom sur la presse russe

Revue de la presse russe du 17 mars

Revue de la presse russe
15:16 17/03/2010

Nezavissimaïa gazeta
Le Pakistan écarte la Russie du règlement des problèmes afghans

Les Etats-Unis recherchent une issue à l'impasse afghane. Le président américain, Barack Obama, a donné le feu vert à son homologue afghan, Hamid Karzaï, pour des pourparlers avec l'adversaire, lit-on mercredi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

La mission de l'ONU est également disposée à entrer en contacts avec les rebelles. Mais, selon les experts spécialisés sur l'Afghanistan, les chances de parvenir à un compromis sont minces.

Un diplomate de l'ONU qui a requis l'anonymat, a déclaré aux journalistes que, pour la mission de l'ONU, il ne suffirait que d’un geste du Conseil de sécurité constitué de 15 membres, pour que des pourparlers secrets débutent. Mais une telle manœuvre, serait-elle fructueuse?

Selon Viktor Korgoun, chef du secteur de l'Afghanistan à l'Institut d'orientalisme de l'Académie des sciences de Russie, les pourparlers avec les talibans n'ont presque aucune chance de réussir. Ils ne peuvent conduire qu'à de minuscules avancées. Mais il est vain d'attendre des solutions importantes, estime-t-il.

Aucun des deux camps n’est prêt à faire des concessions. Karzaï n'a pas d'ordre du jour des pourparlers, bien qu'il ait invité le mollah Omar à y participer. Le gouvernement exige que les rebelles reconnaissent la Constitution de l'Afghanistan qui proclame le respect des droits de l'homme, l'égalité des femmes et d'autres valeurs démocratiques. Les talibans répondent que cette Constitution a été copiée sur celle des Etats-Unis et qu'elle est étrangère aux Afghans. De plus, le gouvernement manque d’unité. Certains groupes parlementaires sont prêts à aller au-devant des talibans plus loin que le président.

Quant aux talibans, ils avaient publié leur constitution dès 2006. Bien que ce document comporte certaines avancées à l'égard des femmes, il reste, au fond, obscurantiste et fixe comme but de faire renaître les coutumes et les règles de la charia qui existaient au Moyen Age. Le mollah Omar exige que Kaboul reconnaisse sa constitution et déclare qu'il n'entrera en pourparlers qu'après le retrait des troupes étrangères.

Qui plus est, le Pakistan s'ingère dans le processus de paix en s'appuyant sur les Etats-Unis. Il veut écarter l'Inde et la Russie du règlement et obtenir la formation d'un gouvernement de coalition dans lequel seraient représentés les talibans afghans formés par les services de renseignements pakistanais. Par conséquent, les perspectives de règlement s’avèrent très vagues, a résumé Viktor Korgoun.


Kommersant/Vremia Novosteï/Vedomosti
Minsk a trouvé au Venezuela une alternative au pétrole russe  

Un jour avant la visite en Biélorussie du premier ministre russe Vladimir Poutine, le président du pays Alexandre Loukachenko, est parti pour le Venezuela, lit-on mercredi dans les quotidiens Kommersant, Vremia Novosteï et Vedomosti.

Loukachenko y a demandé au président Hugo Chavez, une protection contre Moscou. Et Chavez la lui a volontiers accordée: Caracas a promis de livrer à Minsk 80 000 barils de pétrole par jour, que la Biélorussie menace d’utiliser à la place du pétrole russe pour le chargement de ses raffineries. Les experts sont certains que la tentative de Minsk de renforcer sa position dans les négociations pétrolières avec Moscou, ne peut conduire qu’à un nouveau conflit.

Loukachenko a quitté pour la première fois le pays au moment d’une visite de Poutine: en mai et en octobre 2008 et en mai 2009, le premier ministre russe, en venant, s’était entretenu avec le leader biélorusse. La partie russe n’y voit aucun  mauvais dessein. Les experts, eux, sont persuadés que le départ du président biélorusse au Venezuela, le jour de l'arrivée à Brest du premier ministre russe, est une démarche démonstrative. «Loukachenko ne fait pas des voyages au hasard. Tout cela était très certainement planifié, a dit Iaroslav Romantchouk, directeur du Centre Mizes (Biélorussie). La visite au Venezuela s’inscrit dans le bras de fer entre  Loukachenko et la Russie et dans un conflit plus personnel avec Poutine. Partant pour Caracas, Loukachenko semble montrer à Moscou que la Biélorussie se passera d’elle, et qu’une rencontre avec un simple premier ministre n’est pas digne de lui».

 «Nous nous somme mis d’accord sur les livraisons du pétrole vénézuélien à la Biélorussie», a triomphé le président biélorusse après les négociations avec Chavez. «Loukachenko essaye de montrer qu'il a reçu une source indépendante de pétrole pour le chargement de ses raffineries, qui pourrait remplacer les matières premières russes devenues plus chères», commente l’expert. Iouri Chevtsov, politologue biélorusse, a calculé que 80 000 barils de pétrole par jour, donnent 4 millions de tonnes de pétrole par an, et c’est justement cette quantité de pétrole hors taxe qui constitue un sujet de discorde entre Minsk et Moscou.

Le pétrole vénézuélien ne deviendra pas le vrai remplaçant du pétrole russe. «D’un point de vue logistique, les livraisons de pétrole du Venezuela à la Biélorussie sont de la bêtise», a déclaré à Kommersant Mikhaïl Kroutikhine, analyste de RusEnergy. «C'est une question d'indépendance, de diversification des livraisons, de tout ce que l’on veut, mais pas une question de rationalisation économique», a déclaré à Vremia Novosteï, Vladimir Feïguine, directeur de l'Institut de l’énergie et des finances. Iaroslav Romantchouk est d'accord avec lui : «Tant que le pétrole n’a pas appris à se transmettre par la voie des airs, il n’y a pas d'alternative aux livraisons russes pour les raffinages de pétrole biélorusses».

 «Par ce voyage, Loukachenko montre qu’il n’est pas prêt à s’assoir à la table des discussions avec Poutine et à résoudre les problèmes, dit M. Romantchouk. Mais la position de Moscou est plus forte et pourrait devenir encore plus dure: soit la Biélorussie cède ses raffineries de pétrole, soit elle achète le pétrole aux prix du marché mondial».

Vedomosti/Gazeta.ru/Kommersant
Medvedev n'aime pas qu’on ignore ses consignes

Hier, Dmitri Medvedev, a demandé en public au gouvernement de Vladimir Poutine d'exécuter entièrement et dans les délais, les consignes du chef de l'État, autrement des destitutions seront à envisager, lit-on mercredi dans les quotidiens Vedomosti, Gazeta.ru et Kommersant.

Les experts remarquent l'activité accrue de Medvedev au milieu de son mandat.

Dmitri Medvedev a organisé mardi une vidéoconférence  consacrée à l'exécution des consignes du chef de l'État. Le Kremlin, préoccupé par cette question, accomplit en fait des fonctions de « gouvernement supplémentaire».

Par rapport aux consignes du président Vladimir Poutine de 2000-2008, celles du président Dmitri Medvedev contiennent plus souvent l'exigence de ne pas «examiner le problème», mais de prendre une décision définitive. Medvedev a entre autres attiré l’attention du ministère de l’Economie sur le régime des achats des corporations et des monopoles d’État.

Le président relève pour la première fois cette question en public, reconnaît un fonctionnaire du Kremlin, auparavant le contrôle de l'exécution des consignes était rapporté au président une fois par an. Le contenu de ces rapports était très rarement publié.

«Par ces gestes spectaculaires, le président semble montrer qui est « le maître de la maison ». Cela a commencé il y a quelque mois, lorsque Medvedev a remis publiquement en place les (ministres) Koudrine et Bassarguine», indique Igor Iourguens, président de l'Institut du développement contemporain de la Russie (INSOR) chapeauté par le président russe. La non exécution des consignes du président a un caractère systémique, dit-il, et «rappelle le sabotage, notamment en terme des grandes tâches de la modernisation posées devant le pays».

L'activité accrue de Medvedev est liée au fait qu’il  entame la seconde partie de son mandat, lorsqu’il est nécessaire de présenter des résultats, estime le politologue Dmitri Badovsky. Selon lui, le président veut aussi que les fonctionnaires réagissent plus vivement aux appels des citoyens, et on ne peut faire travailler la bureaucratie russe que par une raclée publique.

Vedomosti
Les spéculateurs étrangers se précipitent sur le marché des valeurs russes

L'intérêt des investisseurs étrangers pour les actions russes s'est réveillé. Il est difficile d'expliquer autrement le fait qu'ils aient viré en une semaine 411 millions de dollars dans des fonds orientés vers la Russie et la Communauté des Etats indépendants (CEI), lit-on mercredi dans le quotidien Vedomosti.

Cette somme a été constatée par EPFR Global qui n'a enregistré d'afflux importants de capitaux que deux fois dans toute l'histoire de ses observations: au printemps d'avant la crise de 2008 et en octobre de l'an dernier, lorsque le marché s'est ranimé après l'effondrement.

Depuis le début de l'année, les fonds que suit EPFR Global se sont attirés, au total, 900 millions de dollars supplémentaires ou renfloué leurs portefeuilles de 10%. Citons à titre de comparaison, même très conventionnelle, qu'en janvier-février, les gouverneurs des banques russes n'ont versé dans les fonds communs de placement qu'un milliard de roubles, soit 30 millions de dollars. Ni les uns, ni les autres ne prédominent dans le chiffre d'affaires du marché des valeurs russe.

Cependant, si personne n'attend dans l'immédiat d'investissements importants des porteurs russes de parts, les intervenants russes sur le marché suivent attentivement les acheteurs occidentaux de titres. C'est pourquoi, à la différence des événements intérieurs russes, les demandes d'achat ou de vente de titres parvenant de l'étranger rendent souvent nerveux les spéculateurs russes ou leur inspirent l'assurance.

On remarque que l'intérêt étranger pour le marché russe se  manifeste actuellement en premier lieu par les fonds et les investisseurs qui aiment le risque. Pour leurs collègues plus conservateurs, il faut plus de temps pour saisir le sens des nouvelles réalités et préciser les quotas pour la Russie. Il n'est pas du tout certain que leur argent arrive dans notre pays avant que les capitaux qui affluent actuellement partent en sens inverse. Le fait est qu'il est bien plus facile d'intimider les capitaux que de les attirer.

La poudrière à laquelle ressemblent actuellement de nombreux marchés européens grâce à la Grèce ne représente pas, pour l'instant, une menace directe pour la Russie. Les prix élevés du pétrole lui sont favorables. Mais cette conjoncture peut changer d'un moment à l'autre en perturbant la montée des indices boursiers russes. Les récents événements ont montré combien douloureux peut être la chute. Par conséquent, des dizaines et des centaines de millions de dollars qui arrivent dans les fonds russes suscitent un sentiment mélangé d'optimisme et de crainte. D'autant plus que les investissements en portefeuille dans l'économie russe ne sont pas encore suivis d'investissements directs. En tout cas, les statistiques officielles ne les ont pas encore enregistrés, alors que ce sont eux qui doivent être l'un des principaux arguments pour les acheteurs d'actions russes.

Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.

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