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RIA Novosti

Zoom sur la presse russe

Revue de la presse russe du 18 mars

Revue de la presse russe
16:24 18/03/2010

 

Nezavissimaïa gazeta

START: le président de la Douma menace de ne pas ratifier le traité

 

Mardi 16 mars, Boris Gryzlov, le président de la Douma (chambre basse du parlement russe), a lancé un avertissement sévère aux Américains: les députés ne ratifieront pas le document, "s'il n'établit pas un lien avec la question de la défense antimissile". Les experts estiment que ces propos font partie du jeu, lit-on jeudi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

La déclaration de Boris Gryzlov jure manifestement avec les récentes déclarations faites à ce sujet par Dmitri Medvedev et les informations, selon lesquelles les présidents russe et américain ont l'intention de conclure prochainement le traité. La Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, débattra jeudi à Moscou des détails de l'accord avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Le 5 décembre, date de l'expiration de l'ancien traité START, la Russie n'avait pas signé le nouvel accord, car les Etats-Unis refusaient de céder sur la question du lien entre les armements offensifs et défensifs. Selon le quotidien Nezavissimaïa gazeta, Vladimir Poutine avait alors insisté pour ne pas signer le traité sans concessions américaines. Pour le premier ministre, il était important de manifester aux partenaires une certaine fermeté dans la défense des intérêts nationaux.

A présent, nous sommes confrontés à une nouvelle "heure de vérité": Cela paraitra pour le moins étrange si, lors du sommet d'avril sur la non-prolifération des armes nucléaires, les dirigeants des deux grandes puissances nucléaires qui n’ont pas pu s'entendre à ce sujet, appellent d'autres pays à des réductions bénévoles.

Alexeï Arbatov, directeur du Centre de sécurité internationale de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales (IMEMO) de l'Académie des sciences de Russie, qualifie la déclaration du président de la Douma de "très étrange". "Les Américains ne prennent pas au sérieux les "débats de la Douma". Malheureusement, ces dernières années ont fourni de nombreux exemples, lorsque le "parti du pouvoir" (Russie unie) prenait une décision et, le lendemain, recevait des instructions et adoptait une autre décision. Personne ne croit ni en Russie, ni à l'étranger à une position indépendante de notre parlement", affirme l'expert.

Alexeï Arbatov a refusé de commenter l'hypothèse que la déclaration de Boris Gryzlov ait été concertée avec le dirigeant de son parti, reconnaissant toutefois que Poutine « exerce une influence immense aussi bien sur les structures de force (Intérieur, Défense, Sécurité) que sur la politique étrangère de la Russie, notamment, sur la marche des négociations et les perspectives de ratification ».

Boris Gryzlov a fait une déclaration après avoir consulter le tandem au pouvoir, ou au moins Poutine, estime Alexeï Malachenko, membre du conseil scientifique du Centre Carnegie de Moscou: "Le premier ministre montre ainsi qu'il a certains leviers diplomatiques pour faire pression sur le processus de signature ou de non signature. J'estime que le traité sera signé dans tous les cas. Ce n'est pas la première fois qu'on fait croire que la Douma a un autre avis et qu'il faut la persuader".

 

Vedomosti

Nucléaire iranien: Téhéran se dit prêt à coopérer

 

L’Iran a accepté un marché avec l’AIEA (Agence Internationale de l'Énergie Atomique), mais à des conditions inacceptables pour la communauté internationale, lit-on jeudi dans le quotidien Vedomosti.

Téhéran s’est dit prêt à accepter une coopération avec l’AIEA et les médiateurs internationaux (Russie, Chine, États-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne) concernant son programme nucléaire. Ali Akbar Salehi, chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), a proposé de livrer 1.200 kg d'uranium enrichi à 3,5% pour recevoir 120 kg de combustible enrichi à 20%. L'échange doit avoir lieu en Iran et de manière simultanée, a déclaré M. Salehi dans une interview au journal iranien Javan. L'uranium enrichi est nécessaire pour le réacteur de recherche de Téhéran produisant des isotopes à usage médical.

Un représentant de l’AIEA a déclaré à Vedomosti que l'Iran avait envoyé la proposition rendue publique hier au siège de l'organisation il y a un mois. Il n’y a jamais eu de réaction officielle ni de la part des six médiateurs, ni de la part de l’AIEA.

La proposition de l'Iran ne correspond pas à celle de  l’AIEA, faite en octobre dernier.

L'Agence prévoyait alors que l’Iran envoie 70% de son uranium en Russie et en France pour qu’il soit enrichi à 20%, sans donner les garanties nécessaires pour la livraison du combustible. Il avait été souligné, que cela suspendrait le programme nucléaire, car l'enrichissement du combustible en Russie et la fabrication des barres de combustible en France pour le réacteur iranien, nécessiteraient à peu près un an.

La situation a changé, remarque Radjab Safarov, directeur général du Centre d’étude sur l’Iran contemporain: en automne les stocks d'uranium comptaient environ de 1200 kg, maintenant, selon les données de l’AIEA, ils s’élèvent à plus de 2000 kg. Le volume de l’uranium que l'Iran est prêt à livrer est inférieur aux 70 % que demande l’Agence.

L'Iran a plusieurs fois changé d’avis. Mais en février, le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que son pays avait procédé à l'enrichissement de l'uranium à 20% et qu’il lui était possible de fabriquer le combustible à un degré d'enrichissement suffisant pour la production de l'arme nucléaire. Cette déclaration a engendré des discussions au sein du Conseil de Sécurité de l'ONU sur la nécessité de durcir les sanctions contre l'Iran.

Selon Konstantin Kossatchev, président du comité pour les affaires internationales de la Douma (chambre basse du parlement russe), la dernière proposition iranienne n'est pas une réponse satisfaisante aux inquiétudes de la communauté internationale, mais s’inscrit plutôt dans le prolongement de la politique iranienne. «Dans la position de l'Iran, peu de choses ont changé, il était déjà prêt à coopérer auparavant, mais à certains conditions», a remarqué M. Safronov.

La Chine reste le seul des membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, à se prononcer contre la résolution sur les sanctions. Yang Jiechi, ministre chinois des Affaires étrangères, a remarqué hier, à l’issue de ses négociations avec David Miliband, son homologue britannique, que les démarches de Téhéran préoccupent de plus en plus la Chine, mais que Pékin n’estime pas que le durcissement des sanctions soit une solution.

 

RBC daily/Vremia novosteï

Les procès peuvent paralyser l'exportation de pétrole russe vers l'Occident

 

Les tribunaux britanniques et américains ont rendu les prescriptions suspendant pratiquement les paiements en dollars à Rosneft, informe l'agence Reuters en se référant à ses sources bien informées, lit-on jeudi dans les quotidiens RBC daily et Vremia novosteï.

Ainsi, on tente d'obliger la compagnie publique à rembourser sa dette à Yukos Capital. Les experts préviennent que cela pourrait avoir des répercutions négatives sur les consommateurs européens.

Le contentieux entre Rosneft et Yukos Capital, compagnie enregistrée au Luxembourg, a pour objet quatre prêts d'un montant total de 11,233 milliards de roubles (281 millions d'euros). Cette somme avait déjà été accordée en 2004 à Yuganskneftegaz, filiale de Yukos. Lors de la vente des actifs de la plus grande compagnie pétrolière russe, Yuganskneftegaz avait été rachetée par Rosneft. Le nouvel propriétaire avait refusé de rembourser les dettes de la compagnie du Benelux.

Les prescriptions judiciaires établissent un embargo financier qui est capable, sinon de paralyser, du moins de compliquer les opérations de la compagnie pétrolière, estime Alexandre Khrenov, avocat de la compagnie "Yukov, Khrenov & Partners". Le transfert des droits du vendeur de pétrole en Russie à des personnes tierces, non affiliées à Rosneft, peut être une éventuelle issue à la situation. "Mais cela suppose, au minimum, un changement de la politique d'exportation de la compagnie et entraîne de grandes pertes financières", affirme le juriste.

Viktor Michniakov, l'analyste d'Uralsib Capital, estime que l'unique problème qui puisse se poser à Rosneft est le gel de ses comptes en Grande-Bretagne, ce qui n'a pas encore eu lieu. Selon lui, les comptes de la compagnie pétrolière aux Pays-Bas et aux Etats-Unis sont vides et le paiement du pétrole exporté est effectué par les traders.

"Rosneft est un exportateur important. La compagnie a livré le mois dernier 4 millions de tonnes de pétrole (aux prix actuels, pour 2,3 milliards de dollars), rappelle Viatcheslav Bounkov, chef du département d'analyse du groupe Aton. C'est pourquoi des restrictions de ce genre peuvent se répercuter très négativement non pas sur la compagnie même, mais sur les consommateurs européens".

Cet avis est partagé par l'analyste d'Arbat Capital, Vitali Gromadine, qui estime que le retrait d'une quantité aussi importante de pétrole du marché aura une influence sur les prix. "Evidemment, personne ne paiera cette somme. L'Etat ne cèdera pas et n'admettra pas les pertes budgétaires", a souligné l'expert. Selon lui, le contentieux entre Yukos et Rosneft a pris une telle envergure qu’une solution ne peut être trouvée qu'au niveau politique.

 

Vedomosti

La Russie est attirée par le marché vénézuélien

 

Les compagnies internationales pétrolières se désintéressent du Venezuela à cause d’une vague de nationalisations, lit-on jeudi dans le quotidien Vedomosti.

Cela ne gêne pas la Russie qui est prête à prendre la place de ses concurrents dans le pays, que le premier ministre Vladimir Poutine qualifie de «marché attrayant et précieux».

En ce qui concerne les compagnies internationales, nous pouvons citer quelques exemples. Shell n’a pas participé à l'appel d'offres de février pour la prospection de nouveaux gisements dans le bassin de l'Orénoque, malgré l'invitation personnelle du président Hugo Chavez. BP a également refusé d’investir. Les américains ExxonMobil et СonocoPhillips ont quitté le pays en 2007 après la nationalisation de quatre gisements de l'Orénoque.

Le pays a une mauvaise réputation en matière de crédits, il change souvent les conditions des contrats avec les compagnies étrangères, fait remarquer Valeri Nesterov de Troïka Dialog. La nationalisation des ressources est un risque sérieux pour les investisseurs, la restauration de la réputation du Venezuela prendra beaucoup d’années, remarque Fadel Gheit, le directeur exécutif d’Oppenheimer et Co. Mais des liens solides établis entre les gouvernements russe et vénézuélien peuvent réduire ces risques, ajoute-t-il.

En 2009, cinq compagnies (Rosneft, Lukoil, SurgutNefteGaz, Gazpromneft, TNK-BP) ont fondé le consortium national pétrolier. Début avril, le premier ministre Vladimir Poutine se rendra en visite au Venezuela. «Le Venezuela est le marché attrayant et précieux, où nous avons de très bonnes perspectives dans différents domaines», a expliqué Dmitri Peskov, le porte-parole du premier ministre. « Le fait que des compagnies étrangères quittent le pays ne nous fait pas peur: certains partent, d’autre restent, il n’y a rien de fatal», a-t-il fait remarqué.

Le Venezuela est un marché très intéressant, bien qu'il soit difficile d’y prévoir le succès des projets, estime un collaborateur de la compagnie pétrolière russe. Le développement des gisements au Venezuela coûte cher, il est peu probable que les compagnies veuillent augmenter leur présence dans ce pays, souligne-t-il.

Sous l’administration George W. Bush, les Etats-Unis ont misé sur l’amitié avec le Venezuela, cherchant à renforcer leur ingérence dans la zone d’intérêts stratégiques de la Russie, fait remarquer Fedor Loukianov, rédacteur en chef de la revue Rossia v globalnoï politike (La Russie dans la politique globale).

Les premiers contrats sur la livraison d’armements russes au Venezuela, pour un montant de 4,4 milliards de dollars, ont été signés en 2006, rappelle Konstantin Makienko, expert au Centre d’analyse des stratégies et des technologies. « En été 2009, Moscou et Caracas ont signé des contrats d’un coût total d’environ 4 milliard de dollars, dont une partie sera payée par un crédit de 2,2 milliards de dollars, que Moscou avait promis à Caracas à la fin de 2009».

Le crédit intergouvernemental n’est pas encore délivré, a dit Dmitri Pankine, vice-ministre russe des Finances: « Nous avons informé le Venezuela des conditions du crédit, mais pour l’instant nous n’avons pas reçu de réponse».

 

Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.

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